un jour sans faim – pv colette de beaune




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un jour sans faim – pv colette de beaune

La Mort
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(#) un jour sans faim – pv colette de beaune
28.08.18 2:37

un jour sans faim;

Un long soupir gelé couvre un mur d’une légère couche de givre. La bouche d’où vient le souffle se tord en une moue déconcertée, tandis qu’une main vient s’appuyer sur le béton. Cette ville est un dédale. Infernaux entrelacs de béton et de verre. Saeed n’a jamais beaucoup aimé Anthipre. Boyaux de pierre sans fin, où même la Mort se laisse avaler. En attendant, son ventre lui rappelle que son déjeuner lui a échappé. Il aura fallu d’un moment d’inattention, un seul, pour que son encas lui soit extirpé des mains, volé à l’arrachée comme le sac d’une vieille dame. Mais ladite dame est beaucoup moins proche de son alter ego – a priori – et ne se réduirait jamais à porter un sac. Pour seuls artifices, une épée au côté et une tenue en cuir près du corps. Son armure et sa lance sont restées à l’hôtel, prêtes pour la parade de l’Armistice. Saeed a pris quelques jours d’avance, exprès. Davantage par devoir que par envie, après réflexion – tout comme l’ensemble de sa carrière.

Alors, la Mort a couru pour rattraper sa pitance. Longtemps. Poursuivant la silhouette, elle s’est bientôt retrouvée prise au piège : le gredin a l’avantage du terrain, et a bien vite pu s’enfuir. Vraiment, cette ville ne l’a jamais attirée, et Saeed commence à comprendre pourquoi. Déblayant du plat de la main la trace blanche sur le mur, elle reprend son souffle. Pince les lèvres. Sans avoir un ego démesuré, se faire battre par un vulgaire bandit a quelque chose d’humiliant. Une main crispée sur le pommeau de son épée, la chevaleresse décide de revenir sur ses pas. Poing sur la hanche, sentinelle de fortune, elle regarde à droite, à gauche. Il y a bien deux ou trois passants, mais aucun ne porte l’objet de sa faim.

« Bon. Je trouverai bien un moyen. », murmure-t-elle pour elle-même.

Une jeune femme sursaute alors qu’un grondement sourd retentit de nouveau. Les mains sur le nombril, Saeed lui accorde un sourire gêné, et n’a pour réponse qu’un regard navré. La chevaleresse soupire : elle n’a pas vraiment soigné sa réputation avant de se rendre à Anthipre. Bien sûr, tout un chacun a déjà entendu parler de la Mort, de celle qui achève sans pitié ses ennemis de sa lance vorace ; mais très peu de celle qui tient la lance. Sinon, cette petite ordure serait partie sans son repas… Et hors de question de racheter quoi que ce soit.

La combattante s’enfonce un peu plus dans le sinistre labyrinthe, tapotant son ventre dans l’espoir de le faire taire. Ses grandes bottes piétinent le sol, et elle marche, marche encore, droit devant elle. Parfois, elle prend un tournant, au hasard. Ici, pas de stratégie : ce type a eu plus de chance. Et Saeed aurait dû se méfier davantage d’une cité qu’elle méconnaît trop. Et c’est lorsqu’elle s’en remet à la fatalité qu’un bruit familier se fait entendre. Cliquetis de chaînes ; lames sifflant dans l’air ; entrechocs de métal. Oui : il y a une rixe non loin d’ici. Et ce n’est pas la faim qui empêchera la Mort de rétablir l’équilibre. Suivant le signal, elle s’approche doucement. Là : une silhouette féminine semble aux prises avec des malfrats. Mais un détail lui tape dans l’œil :

« Mais c’est mon sandwich ! »

S’est-elle écriée sans pouvoir s’en empêcher, le doigt pointé vers le larcin… Avant de mettre la main devant sa bouche. Cette fois, l’appétit l’a emporté sur la raison. Quelle ridicule façon d’entrer en scène… Mais elle aura tout le temps de se rattraper, alors que deux énergumènes se détachent du groupe. Un sourire lui écorche le visage.

« Vous ne savez pas à qui vous avez affaire, semble-t-il. Une leçon s’impose ! »

Et sa lame de fendre l’air, prête à défendre l’honneur – et surtout à reprendre son dû.

 
dialogues #02a4a4 – avec Colette de Beaune


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(#) Re: un jour sans faim – pv colette de beaune
29.08.18 12:16




Un jour sans faim

My voice is shaking
Need you to know who I am
Don't wanna waste it
But I don't know if I can
I'm feeling naked
I just need you to see
What I've been keeping
Living half underneath


Quand vient la nuit. Je suis autre. Quand le voile tombe. Enfin je resplendis. Je laisse dans mes armoires mes belles robes. Autant de tissus fins et raffinés. Je laisse mes bijoux dans leur écrin. Autant de pierres précieuses. Je ne suis plus la noble fille d’un des Membre du Conseil. Je ne suis plus Dame Colette. Je suis juste moi. Simplement moi. Justicière au grand cœur. Bretteuse implacable. Chevalier luttant pour les bonnes gens d’Anthipre.

Ah. Anthipre. Ma douce et belle ville. Joyau d’Aziel à n’en pas douter. Qui de saint d’esprit oserait dire ou ne serait-ce qu’insinuer le contraire ? Anthipre ville de la culture et des érudits. Anthipre et sa structure aussi belle d’avant-gardiste. Je connais chaque coin et recoin de ma chère ville. Chaque soir je la parcours dans ma tenue d’épéiste. Masque sur les yeux et chapeau avec une fleure dessus. Je veille. Je surveille que tout va pour le mieux. Je m’assure qu’aucun mal ne sévit. Souvent, il ne se passe pas grand-chose. Depuis la fin de la guerre, l’air est calme. Je reste toutefois vigilante.

Bien vite, je découvre un méfait. Deux malotrus délestant de son sac une dame. Mon sang ne fait qu’un tour. « Ne bougez plus ! » Évidemment, ils prennent la fuite ! Je m’élance alors à mon tour. Bien qu’ils soient rapides, je connais cette ville comme ma proche et un raccourci plus tard. Voilà que je tombe face à eux. Le geste sur et ferme, je me saisis de mon sabre. « Rendez-vous gentiment et tout ira bien. » Ils pouffent, ne me prenant pas au sérieux. J’esquisse un sourire. « En position ! » Je fends l’air.

Sans doute ne suis-je pas la plus forte physiquement, mais j’ai pour moi l’agilité et la rapidité. Surtout, je sais parfaitement l’art du combat à l’épée. Comme la plupart des brigands, ils se content de décocher quelques coups pèle mêle et sans aucune réflexion. Pensant sérieusement que leurs seuls biceps peuvent leur apporter la victoire. Ils ont tort ! Bientôt, ils son rejoint par un autre complice. Un sac de boulanger dans la main. J’admets être étonnée et arque alors un sourcil, perplexe. Les voleurs prennent leur petit gouter maintenant ? Mais sur quelle bande de clampins suis-je tombé ?

Entre bientôt en scène un dernier protagoniste. Visiblement celle qui s’est fait voler sa pitance. Si je n’étais pas occupé, sans doute serai-je agréablement surprise de voir qu’il s’agit d’une véritable montagne ! Pour l’heure, son exclamation quelque peu ridicule prête davantage à sourire. Juste le temps qu’elle sorte elle aussi son épée et que deux de mes propres assaillants fondent sur elle. J’en profite pour récupérer le sac à l’autre andouille qui visiblement ne comprend pas toute la tournure des événements. Un coup de pommeau plus tard, le voilà assommé.

« Eh bien messieurs, on m’abandonne pour une autre ? Me voilà vexée ! En garde ! » Une nouvelle fois, je fends l’air pour m’occuper d’un des assaillants. Pendant que l’autre dame s’occupera du second.

En toute franchise, je pense que j'aime me battre.


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(#) Re: un jour sans faim – pv colette de beaune
15.09.18 19:47

un jour sans faim;

La chevaleresse lance une œillade attentive à la jeune femme masquée. Sa voix trahit sa jeunesse, mais elle semble déjà rompue au combat. Sourire aux lèvres, elle laisse approcher les deux voleurs, et décide de ranger sa lame dans son fourreau, pour le décrocher de sa ceinture. Matraque sertie d’élégantes arabesques, qui ne manque pas d’atteindre les abdominaux de l’un d’eux. Souffle coupé par le coup puissant, la douleur ne le fait pas encore flancher. Saeed brandit son arme à nouveau. Personne ne mourra, ce soir ; la commémoration de l’armistice approche. Mais elle ne dirait pas non à une petite estocade.

La Mort donne un nouveau coup de pommeau dans le ventre, puis dans le dos de celui qui s’est relevé. Remarque que l’autre femme apporte sa lame à ses côtés. Pas le temps de se poser des questions : défaire l’ennemi, d’abord. Saeed regarde son adversaire s’effondrer au sol, gémissant de douleur. Elle opine du chef, satisfaite, et raccroche son pommeau à sa ceinture. Son genou heurte le sol, tandis qu’elle s’abaisse auprès de sa victime.

« Soyez moins téméraire la prochaine fois. », souffle-t-elle – nouveau nuage de givre.

Saeed se redresse et son corps se déplie, s’agrandit, entre chêne et roseau. Son regard brun contemple la jeune femme, cachée dans l’obscurité. Masquée. Curieux. Serait-elle une délinquante, elle aussi ? Elle pose les yeux sur le sac en papier tant cherché, tenu par la main de la sauveuse. La faim évince déjà le frisson du combat.

« C’est à moi, fait-elle en tendant la main vers le paquet. Merci pour le coup de main ! »

La nuit commence juste. Au-dessus d’elles, il n’y a que le ciel nocturne aux étoiles voilées par les lumières d’Anthipre. Elles, au milieu de corps recroquevillés et larmoyants, perclus de douleur. Rencontre curieuse, en ces temps de paix. Il semblerait qu’elle ne soit pas revenue dans tous les cœurs. La Mort se penche sur la jeune épéiste. Sa voix se fait plus douce, moins fanfaronne qu’avant :

« Marchons un peu ; nous nous présenterons plus tard, si vous le voulez bien. »

Sa main l’invite à la suivre plus loin, en contrebas. Parfois, elle pose un regard curieux sur la femme masquée. Elle aimerait savoir, la Mort, qui a su vaincre avec autant de facilité un petit groupe de bandits.

« Je dois vous féliciter pour votre style de combat. Je l’ai trouvé fort élégant. », remarque-t-elle.

Ce n’est sans doute pas une plébéienne ordinaire qui se tient au bout de cette rapière.

 
dialogues #02a4a4 – avec Colette de Beaune


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(#) Re: un jour sans faim – pv colette de beaune
23.09.18 11:35




Un jour sans faim

My voice is shaking
Need you to know who I am
Don't wanna waste it
But I don't know if I can
I'm feeling naked
I just need you to see
What I've been keeping
Living half underneath


Trop de dames pour eux. Ils ne doivent être guère habitués. Pendant que l’un s’occupe de la géante, l’autre fond sur moi. Du moins, il essaye. Je pense. Il prend son épée come un plumeau, ne sachant trop quoi en faire. Tentant vainement de fendre l’air au hasard. Un coup à droite. Puis à gauche. Aucune grâce dans les mouvements. C’en est presque ennuyant. Quel dommage que tous les bandits ne savent pas manier l’épée convenablement. Cela rendra la bataille autrement plus excitante.  

Je fonds sur le côté. Esquivant avec grâce et panache une attaque bien peu habile. Avant de contre attaquer. Vive comme l’éclair. D’un revers de lame, je le désarme. La sienne virevolte un peu plus loin. Il lâche une exclamation hébétée. Une pirouette plus tard, mon pommeau s’abat sur sa tête. Il s’écroule, assommé. « Tu as l’air encore plus bête comme ça… » lancé-je en le regardant quelques secondes.

Bien vite, la dame se rappelle à moi. Acolyte de la soirée. Retour sur le sandwich que j’ai toujours dans la main. Cela conclu l’épisode de cape et d’épée de manière un peu ridicule. Je tends la main et pose le sachet dans la sienne. « J’imagine qu’ils ont pris le proverbe, la faim justifie les moyens un peu trop au sérieux. » dis-je dans un sourire. Amusée de ma petite blague. Je range ensuite mon sabre dans son fourreau. Avant de faire quelques pas pour attraper le sac volé un peu plus tôt.

Je détourne mon regard vers la dame quand elle m’invite à marcher. Quant tu m’invites à marcher. « Allons par-là, il y a un poste de garde. Je déposerai le sac. » Vient ensuite un compliment. « Merci. » répondis-je dans un sourire. J’ai eu le meilleur des maitres de la région. Le plus cher aussi, mais ceci est un détail sans importance. « Vous vous êtes bien débrouillée aussi. » Sourire espiègle. « Je devine que vous êtes de l’Ordre. » Une géante baraquée qui ne porte pas l’uniforme des gardes d’Anthipre et l’approche de la fête. Pas besoin d’être une fin enquêteuse pour le deviner. Sa carrure dégage une fière aura de charisme et de force. Ce qui lui donne un certain charme.

En réalité, je suis toute excitée à l’idée d’avoir combattu aux côtés d’un chevalier de l’Ordre. Mieux encore, qu’elle m’ait complimenté ! Si l’envie de bondir partout en poussant des cris de demoiselle en fleur se fait grand, je me contiens. Restons digne. « Très bon choix de boulangerie, mais je suis navrée que vous vous soyez fait voler votre sandwich. J’espère que cela n’entache pas l’image de la ville à vox yeux. » Alors que nous avançons, le poste de garde se dessine un peu plus loin. Je reconnais d’ailleurs le garde en poste. Je lui tends le sac. « Vous le déposerez à l’Hôtel de Ville. » Je suppose que sa propriétaire pensera à venir le récupérer. « Remontez la rue, vous trouverez trois bandits dans les pommes. »



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